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Nos petites croix de Villejésus

La croix dite de Saint-Aubin fait partie avec celle de Basleville des derniers vestiges des délimitations de l'ancienne paroisse de Villejésus qui fut pendant plusieurs siècles le siège d'une commanderie de l'Ordre de Malte rattachée à la "Vénérable Langue d'Auvergne".

CroixSaintAubin.jpgCe sont dans les archives de la commanderie et sur les plans cadastraux que nous trouvons la mention des diverses croix de notre village ; celles de Basleville et de St-Aubin que nous venons de citer mais aussi du Treuil, du Perret, de Chollet, du Redour, des Echallons...

Ces croix de pierre, de bois, érigées à l'entrée des bourgs, aux carrefours des chemins, sur les places, dans les cimetières, étaient les symboles d'une terre christianisée. Elles avaient chacune un rôle suivant l'emplacement, la forme ou l'événement lié à leur implantation.

Venant d'Aigre, c'est la croix de Basleville qui marquait côté ouest l'entrée de la paroisse : faite en pierre de taille, sa base possède deux repères du Nivellement Général de la France et de l'Institut Géographique National qui indiquent respectivement l'altitude de 66,50 m et 67 m.

Celle du Treuil jadis située à CroixTreuil.jpgl'intersection de la rue Haute et de la Croix du Perret  était ainsi dénommée en raison de la proximité d'une ferme viticole possédant un treuil (pressoir). Seul subsiste, en face de cette ferme, un puits surmonté d'une croix en fer forgé.

La croix du Perret était le départ d'un cortège appelé procession du Roitelet Bertaud pour rendre un hommage annuel au Commandeur de Villejésus ; celui-ci accordait en retour aux habitants couchant et levant entre les quatre croix le droit d'affouage et de pacage dans le bois appelé de l'Hospital. Dans cette redevance noble, les quatre croix (Basleville, Treuil, Perret, Chollet) matérialisaient les limites où les Hospitaliers exerçaient le droit de justice. Elles ont disparues du paysage au gré d'une percée de route, d'un aménagement de carrefour ou tout simplement par manque d'entretien.

Au XIXe siècle la Croix de Chollet, figurant sur le cadastre napoléonien, dut être supprimée au cours des travaux de la nouvelle route de Villejésus à Fouqueure.

Sur le vieux plan cadastral datant d'avant la révolution et sur celui de 1831 sont mentionnées une parcelle de terrain dite Croix du Redour face au village du même nom et à la croisée des chemins des Coudraux et de Séchebout, l'appellation Croix des Echallons.

Pour terminer cet inventaire nous mentionnerons quatre autres croix. La première était érigée, nous dit le maire Jacques Amiaud dans son mémorial rédigé à partir de 1843, sur la place à l'endroit où le chemin de la rue Haute et celui qui vient de la rue basse se réunissent (actuelle place de la mairie) et de préciser que c'était une grande croix en bois. Elle marquait la limite du cimetière qui jadis se trouvait près de l'église et qui s'étendait jusque-là. Au tout début du XIXème lorsque l'on clôtura ce champ du repos, il se trouva trop petit et il fallut enterrer devant l'église.

CroixCommanderie.jpg

La seconde nous a été aimablement signalée par Armand Four "Mémoire de Villejésus" et confirmé par Jean Chinier qui se rappellent dans leur jeunesse avoir vu une immense croix de bois plantée à l'entrée du Moulin de la Commanderie. Sans leur pertinente précision nous aurions complètement occulté ce calvaire ! Pour corroborer le témoignage d'Armand et de Jean, nous avons retrouvé une photographie des années 1930 où l'impressionnante croix de plusieurs mètres de hauteur apparaît à l'entrée de l'ancien moulin à eau. Aujourd'hui le bloc de maçonnerie qui la supportait est toujours présent dans la propriété de Claude Lapeyronnie.

Les deux dernières se trouvent dans le cimetière de notre commune. L'une datée de 1868, entourée d'ifs, accueille près de son piédestal, la tombe d'un curé de la paroisse ; l'autre, fort ancienne, se confondant avec le mur d'enceinte proviendrait-elle des anciens lieux de sépultures qui entouraient l'église jusqu'à la fin de l'année 1835 ?

Qu'elles aient servi primitivement à l'évangélisation puis de limites de paroisses, de seigneuries, point de départ de cortège, de reposoirs pour la Fête-Dieu, de repères pour les voyageurs, ces croix font partie aujourd'hui du petit patrimoine rural non protégé au même titre que les lavoirs, fours, fontaines, ponts, moulins, pigeonniers, enseignes, statues, etc...

Dominique GRANDJAUD

Note : Armand Four nous a fait une remarque fort intéressante : Au pied de la Croix de St-Aubin se trouvaient, il n'y a pas encore très longtemps deux cormiers (chacun[e] de nous s'en souvient) et de préciser qu'il connaissait une ville en Ille et Vilaine du nom de Saint-Aubin-du-Cormier. Quelques explications, données par la secrétaire de mairie de cette ville, nous apprennent que primitivement existait dans ce lieu une chapelle dédiée à saint Aubin, moine breton puis évêque d'Angers et qu'au pied de cet oratoire se trouvait un cormier. Coïncidence ou coutume  liée à ce saint ?


Catégorie : La commune - Histoire
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