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LA RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES : UN LIEUTENANT DE DRAGONS A VILLEJÉSUS

L’édit de Nantes est un édit de tolérance promulgué en avril 1598 par le roi de France Henri IV. Cet édit accordait notamment des droits de culte, des droits civils et des droits politiques aux protestants.

En 1685, sous Louis XIV, cet édit pacificateur fut révoqué. Déjà, depuis 6 ans, différents édits stipulaient que les protestants seraient désormais exclus des offices, des professions libérales, que les mariages entre catholiques et protestants seraient interdits et que les enfants protestants seraient convertis d'autorité dès l'âge de 7 ans sans l'autorisation des parents. Pour faire appliquer ces mesures, Louis XIV va utiliser un corps de troupe réputé pour sa cruauté que l'on appelle les Dragons. Les habitants sont obligés par la loi de loger ces militaires de passage. Ainsi, à Villejésus, un lieutenant de dragons est dépêché. Mais les habitants ont de la ressource… Voici un extrait des archives de la commune :

Les manants et les habitants de la paroisse de Villejésus, le 10 mars de l'année 1685, se sont réunis, au son de la cloche, devant la grande porte et principale entrée de l'église paroissiale dudit lieu. Les sieurs Delanson et Pirounet déclarent qu’en exécution de l'ordonnance du roi, il a été envoyé en ladite paroisse un lieutenant de dragons des armées de Sa Majesté pour y demeurer jusqu'à nouvel ordre et il est nécessaire de délibérer de quelle manière on s'acquittera de fournir le fourrage et ustensiles pour lui et son cheval. A quoi tous les susdits habitants ont unanimement répondu qu'il faut bien exécuter les ordres du roi et de Messieurs les Commissaires dans la province; mais que, comme l'année dernière et la présente ont été si mauvaises, y ayant grande disette de grain, foin et paille, ils ne sont point en état de fournir ce qui est nécessaire pour ledit sieur lieutenant et son cheval, ayant eu beaucoup de peine à satisfaire le cavalier de l'an dernier. Cela les oblige de recourir au plus pressé, qui est une somme de 1.500 livres, laquelle se trouve entre les mains de Maître Jacques de la Confrette, sieur de la Pastounerie, seigneur de Villejésus, qui l'a reçue de M. le duc de La Rochefoucauld, pour paiement des arrérages qu'il doit aux habitants pour sa coupe de bois. Et comme cet argent ne produit aucun profit où il est, lesdits habitants veulent s'en servir dans leurs besoins et nécessité. Ils sont d'avis que sur icelui il soit pris une somme convenable jusqu'à la fin pour satisfaire ledit sieur lieutenant, soit qu'on 1ui donne de l'argent nécessaire, soit qu'on lui paie la location d'une chambre, avec la charge de bois, chandelle, foin, paille, avoine et autres choses, si besoin est. Et comme cette affaire est pressante et mérite célérité, lesdits habitants donnent pouvoir et charge au sieur François Debourdeaux de réclamer l'argent au sire de la Confrette, afin d'exécuter les ordres du roi.

Extrait des archives de la commune de Villejésus.


Catégorie : La commune - Histoire
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